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Joachim Lafosse Son métier, c’est sa passion

Depuis son plus jeune âge, Joachim Lafosse a voulu faire du cinéma. Et surtout, son cinéma. Il a réalisé son rêve d’enfant de projeter dans nos salles obscures le produit de ses rêves. C’est en découvrant les aventures d’ET mises en scène par Steven Spielberg qu’il acquiert cette certitude. Ce monstre nain qui veut rentrer chez lui est le déclencheur de tout. Il a 7 ans et il habite dans le Brabant Wallon.



Joachim Lafosse Son métier, c’est sa passion

C’est à Bonlez dans cette belle commune qu’il grandit au sein d’une famille bourgeoise et décadente avec un père photographe qui l’initie à l’image.

Sa vie à la campagne est un pur bonheur et il se souvient avec délectation de son école et de son directeur André Dekeyser.

Il joue pour lui un rôle essentiel avec l’enseignement de type Freinet. Pour rappel, c’est un enseignement adapté qui respecte le programme des études se référant aux socles de compétences. La pédagogie favorise ainsi l’expression des enfants, leur socialisation ainsi que le développement de leur autonomie. L’artiste était né artiste et son école le façonne.

C’est en parcourant la campagne sur son vélo qu’il peaufine sa sensibilité. Ensuite, il enchaîne à Louvain-la- Neuve les cours à l’IAD (l’Institut des Arts de Diffusion) pour se préparer rapidement à sa carrière de réalisateur. Il côtoie dans sa promotion Hélène Cattet, Bruno Forain et Caroline Tambour qui naviguent eux aussi dans les méandres du 7ème art. 

 

Joachim Lafosse Son métier, c’est sa passion


Sa vision du cinéma est claire : ‘J’aime le cinéma qui n’emmerde pas le public tout en n’ayant pas peur de faire compliqué’ déclare-t-il. Il cite en référence le film à succès avec 5 Oscars et des centaines de millions de spectateurs. ‘C’était pour moi évident que l’on pouvait faire un film intimiste sur un sujet difficile tout en rencontrant un énorme succès’
 

En 2001, son court métrage ‘Tribu’ remporte un prix au Festival de Namur mais c’est surtout sa participation à l’Atelier du Festival de Cannes en 2005 qui est l’élément déclencheur.

‘Cannes, c’est un must si vous voulez faire décoller votre carrière. C’est incontournable’ enchaîne-t-il. Il revient de Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs. Il y présentait son dernier opus qui sort dans les salles au mois de juin.

 
‘L’économie du Couple’ est un film réalisé par Joachim. Co-écrit avec Fanny Burdino, Thomas Van Zuylen et Mazarin Pingeot. La fille de François Mitterand.


‘Je ne la vois que comme auteure et je me fiche complètement de son passé. C’est une artiste formidable et je suis ravi de travailler avec elle’ sourit-il. A l’affiche, on y découvre Bérénice Bejo, Cédric Kahn et le retour de Marthe Keller. A 71 ans, elle était aussi à Cannes comme présidente du jury de Un certain regard. ‘Cette actrice m’a toujours fasciné et ce fût un authentique bonheur de la diriger’ souligne-t-il.
 
Dans son cinéma, les acteurs sont toujours au centre de tout. Il rêve de créer un film avec Isabelle Huppert qu’il a déjà dirigée dans Nue Propriété. ‘Réunir dans un film Isabelle et Vincent Lindon serait pour moi le nirvana’ clame le réalisateur. 


 

Joachim Lafosse Son métier, c’est sa passion


Il est clair que Joachim Lafosse marquera une belle page du cinéma belge. Il n’a qu’une petite quarantaine mais son cinéma finira par percer. En 2012, il avait sur les écrans l’histoire terrible de Geneviève Lhermitte qui avait défrayé la chronique à Nivelles.


C’était Emilie Duquenne qui incarnait la tueuse. Ses oeuvres inspirantes sont des oeuvres d’Ingmar Bergman comme Scènes de la Vie Conjugale. Film intimiste qui rencontra un très large public avec de nombreuses récompenses.

 
Son cinéma est un cinéma authentique. Nul doute que Joachim percera au grand jour comme les frères Dardenne car Cannes et lui, c’est déjà une belle histoire. Quand on évoque la télévision, il garde un mauvais souvenir d’un téléfilm réalisé avec peu de moyens qui l’avait épuisé. Il n’est donc pas candidat pour relever le challenge.


Si vous voulez apercevoir cet homme discret, allez voir un spectacle d’Alain Platel, écoutez Arno ou Alice on the Roof, assistez à un concert dirigé par Philippe Herreweghe ou René Jacobs, visitez une expo de Piet Raemdonck, .... Ce sont eux qui sont ses inspirations artistiques.
 

Mais quand il n’est pas sur un plateau de cinéma, il retourne régulièrement avec son fils se balader dans la région de son enfance. Lui faire découvrir les environs du château de Bonlez et de redécouvrir le centre sportif Ronvau de Chaumont Gistoux. Quand il veut poser ses pieds sous une table pour un moment de décontraction, il va manger un morceau au Café de la Poste. Il vit pour des raisons pratiques dans notre capitale de l’Europe près de l’Altitude Cent mais il vient se ressourcer avec plaisir dans son Brabant Wallon natal. 

 

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