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Quand le rêve taille la mode

Personnage étonnant et attachant, Bernard Depoorter se plaît à ouvrir son atelier pour partager sa passion de la mode et son amour de l'artisanat. Un styliste aux talents multiples qui représente un univers à lui tout seul Autodidacte, il s'est formé sur le tas dans les plus grandes maisons de couture parisiennes. La capitale française l'a hébergé pendant quatre ans, quatre années de découvertes essentielles.



© Alain Trellu
© Alain Trellu
« Paris m'est apparue comme la meilleure école pour apprendre sur le terrain. J'ai eu la chance de travailler chez les plus grands et de véritablement baigner dans le monde de la mode. »

C'est de cette manière que le jeune homme a appris toutes les facettes du métier, de la conception d'une robe à l'organisation du défilé en passant par la rencontre de la cliente. Juste de quoi lui donner l'envie de se lancer seul dans l'aventure. Un peu d'audace et un brin de chance l'ont propulsé sur le devant de la scène...

« J'ai joué la carte du culot en m'adressant directement à la Princesse Anne de Bourbon-Sicile et elle a accepté de me parrainer. Il faut dire que mon expérience me rendait tout de même crédible. Elle m'a ensuite mis en contact avec la Princesse de Chimay et le Prince Laurent. J'ai été invité à organiser des défilés, de jolis coups de pouce! »

Princesses au destin tragique
L'esprit constamment en éveil, Bernard Depoorter se nourrit des ambiances, des tons et même des aliments qui l'entourent. Sa base, c'est la petite robe noire qu'il accommode autour de sa muse principale, l'Impératrice Sissi. Non pas celle popularisée par Romy Schneider, mais bien Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, Duchesse de Bavière, Impératrice d'Autriche.

« J’ai développé une affection toute particulière pour ces femmes au destin
tragique. C'est ma façon de leur rendre hommage. »


Pour sa prochaine collection, Bernard Depoorter va s'inspirer des tsarines de Russie et plus particulièrement d'Alexandra Fedorovna, femme de Nicolas II, assassinée avec sa famille en 1918.

« Le noir reste ma couleur favorite, mais je vais l'accorder avec des marron glacé, des chocolat, des taupe, tous ces tons sobres et subtils qui ne se démodent pas. »

Tissus, fourrures, plumes... tout est prétexte à la recherche, à la manipulation qui va jusqu'à découvrir la sensualité de la matière. Bernard Depoorter est aussi un véritable collectionneur, un authentique brocanteur.

« Je reçois notamment des tissus que je récupère pour façonner des pièces uniques. »

© Alain Trellu
© Alain Trellu
Mises en scène
Au-delà de la mode, Bernard Depoorter est un passionné d'art et d'artisanat. En septembre dernier lors des premières portes ouvertes organisées dans son atelier, il a invité une série d'artisans pour – en quelque sorte - leur offrir une vitrine.

« Je suis extrêmement attaché à l'artisanat et au patrimoine. C'est notamment la raison pour laquelle j'organise mes défilés dans des châteaux, des endroits féeriques qui rendent la mode encore plus magique. »

Toutes les présentations de modèles deviennent par ailleurs de véritables mises en scène - ce qui ne surprendra personne - quand on sait que le styliste adore le cinéma. Il a d'ailleurs fait réaliser un clip pour présenter quelques robes de sa collection 2009 largement inspirée de l'univers hitchcockien. Et c'est un jeune réalisateur, Jérôme Vandewattyne, qui a signé l'exercice. Encore
une manière pour Bernard Depoorter de mettre en évidence un savoir-faire qu'il souhaite partager et même transmettre.

« Mon souhait est de réussir pour aider les autres. Pour y arriver, il faut une part d'égoïsme, mais il importe aussi d'être ouvert et reconnaissant. »

Talent ascensionnel
Dans son ascension, le jeune créateur est conscient qu’il peut compter sur sa famille. Un soutien essentiel qui lui permet de garder son équilibre et de rester lui-même.

« Le milieu de la mode n'est pas facile et provoque beaucoup de jalousies. J'en ai déjà fait les frais, mais cela m'a permis de me forger une carapace. Je garde aussi à l'esprit que rien n'est jamais acquis.»

Dans l'immédiat, Bernard Depoorter se prépare à entamer six mois d'un travail minutieux pour la création de sa nouvelle collection. Un rituel qui démarre avec le dessin pour voir naître un patron en papier, puis une toile et enfin le modèle en tissu. Il le posera enfin sur un mannequin qui lui donnera vie.

« Pour mes défilés, je travaille avec des femmes qui ont des formes. Elles ont plutôt 30 ans que 15 ans et ont forcément davantage d'expérience et de personnalité. »

Ses nouvelles créations resteront empreintes d'austérité et de mysticisme tout en réservant quelques surprises.*

De la haute couture qui permet de se faire un nom au prêt-à-porter qui rapporte, les robes de Bernard Depoorter symbolisent un univers, une magie, un savoir-faire. Un talent, tout simplement.

Anne Desemberg
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