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À Rebecq, le Brabant wallon héberge (sans le crier) la cavalerie de toute la Belgique


Les 5 et 6 septembre derniers, le haras de Wisbecq, à Rebecq, ouvrait grand ses portes pour les 25 ans de la police fédérale. Beaucoup de visiteurs ignoraient sans doute qu'ils foulaient là un site unique en Belgique : c'est ici, en plein cœur du Brabant wallon, que vit toute la cavalerie fédérale. Un peu plus d'une centaine de montures et un nombre équivalent de cavaliers, pour un rayon d'action qui couvre le pays entier.



D'Etterbeek à Wisbecq, un vrai changement de vie

Deux cavaliers de la Police fédérale en patrouille.
Deux cavaliers de la Police fédérale en patrouille.
L'installation ne date que de fin 2022. Avant, les chevaux logeaient à l'étroit dans une caserne bruxelloise sans le moindre pâturage.

À Wisbecq, ils disposent de dix hectares d'herbage sur les quinze que compte le domaine, presque autonome en énergie grâce à ses centaines de panneaux solaires. Un vrai changement de vie, pour les bêtes comme pour leurs cavaliers.

Un couteau suisse à quatre sabots

Une séance d'entraînement en manège couvert pour les cavaliers de la Cavalerie fédérale
Une séance d'entraînement en manège couvert pour les cavaliers de la Cavalerie fédérale

Depuis ce site brabançon, l'unité répond à quatre fois plus de demandes qu'elle ne peut en honorer, confiait récemment son directeur Benoit Van Houtte.
Maintien de l'ordre autour des stades ou des sommets européensrecherche de personnes disparues, surveillance des dunes côtières pour repérer les passeurs : le cheval s'impose dès qu'il apporte une vraie plus-value, là où une voiture ou un vélo peinent à suivre.

Nivelles-Genappe, la proximité au pas


C'est aussi, et peut-être surtout, un outil de police de proximité. La zone Nivelles-Genappe l'a bien compris : elle a choisi de systématiser ces patrouilles, envoyées gratuitement par le fédéral à raison de deux cavaliers, qui sillonnent chaque jour centres-villes, quartiers résidentiels et parkings selon un itinéraire pensé sur base des besoins locaux.

Le cheval offre une position d'observation en hauteur, facilite l'accès aux endroits inaccessibles en véhicule et surtout, brise la distance avec les habitants.

On ne caresse jamais une voiture de police, remarque Benoit Van Houtte, alors qu'un cheval, même dans les quartiers les plus tendus, attire spontanément petits et grands. Un effet rassurant particulièrement sensible chez les personnes âgées.


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Un métier qui se conjugue de plus en plus au féminin


Autre évolution notable : la profession se féminise. Les femmes, de plus en plus nombreuses à enfiler la tenue de cavalière, s'apprêtent à représenter plus de la moitié des effectifs, un signe, selon son directeur, que ce métier a de beaux jours devant lui.

Un lien inattendu avec la couronne


Le site de Wisbecq entretient enfin un lien plus inattendu avec la couronne. C'est là qu'est basée l'Escorte royale à cheval, héritière d'une tradition lancée en 1831 sous Léopold Ier, reprise par la gendarmerie en 1938 puis par la police fédérale en 2001.
Uniforme de parade dessiné en 1937, bonnet à poils noir, lances à flamme tricolore : ses cavaliers escortent le roi lors de la fête nationale ou des visites d'État. Détail piquant : le commandant de cette prestigieuse escorte est lui-même un chef de corps de police locale — le protocole royal le plus ancien du pays reste, jusque dans son commandement, une affaire de terrain.

En mai 2023, c'est tout naturellement que le roi Philippe est venu découvrir en personne les nouvelles installations de Wisbecq. De quoi regarder d'un autre œil, désormais, les patrouilles à cheval croisées un dimanche à Nivelles ou à Genappe : leur point de départ n'est jamais bien loin.

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