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EXPOSITION « RÉSISTANCE ET LIBÉRATION DE WATERLOO LE 4 SEPTEMBRE 1944 »


À L'OCCASION DES 75 ANS DE LA LIBÉRATION DE WATERLOO

Comme sur l’ensemble de notre pays, la Résistance s’est manifestée en Brabant wallon et particulièrement à Waterloo : sabotages divers, sauvetage d’aviateurs alliés, récupération d’armes parachutées, aide aux réfractaires au travail obligatoire en Allemagne …


Des armes seront cachées dans le château d’eau et le grenier des écoles du centre et de Sainte-Anne.


Deux figures de résistants waterlootois seront évoquées dans cette exposition.





EXPOSITION « RÉSISTANCE ET LIBÉRATION DE WATERLOO LE 4 SEPTEMBRE 1944 »
 

Josée Van Durme (1914-2009), institutrice à l’école Sainte-Anne, elle reviendra d’Allemagne après dix-sept mois de détention. Elle sera capturée avec d’autres résistants lors de la rafle organisée par les Allemands au centre de Waterloo, le 3 novembre 1943.

Deux hommes seront tués sur place : Ivan Engels et René Menada ; six autres seront fusillés en Allemagne après six mois de captivité au sinistre fort de Breendonk : Jean Barette, Jules Colle, Gustave Delaide, Alexandre Denayer, André Jadin et Joseph Poelaert.



Elle avait auparavant sauvé la vie de plusieurs parachutistes. Ainsi, dans la nuit du 2 au 3 juin 1942, un bombardier quadrimoteur Lancaster, revenant d’une mission sur Essen, est abattu et s’écrase à La Hulpe. Bill Griffiths, mitrailleur arrière, parvient à sauter en parachute.

Recueilli dans un café, il reçoit des vêtements civils, il loge à Genappe puis à Plancenoit. Il est pris en charge par Jules Colle, lieutenant de réserve et chef de l’Armée Secrète à Waterloo. Blessé, il est soigné par le docteur Blanpain. Il est hébergé chez Josée Van Durme, la fiancée de Jules Colle, et sa mère Jeanne Pletinckx, chaussée de Bruxelles.

Le 6 juin, Jules Colle l’emmène en tandem à Bruxelles où il est confié aux membres du réseau d’évasion Comète, fondé par la bruxelloise Andrée De Jongh. Il traversera la France, les Pyrénées et l’Espagne pour enfin arriver à Gibraltar et regagner l’Angleterre. Il reprendra du service et décèdera à Liverpool le 17 décembre 1984.
 
Décorée à de multiples reprises dont la Médaille de la Liberté américaine et la Légion d’Honneur, Josée Van Durme décèdera nonagénaire en 2009.


"Il faut rendre hommage au courage de tous ces citoyens. Évacuer des hommes qui ne parlaient pas le français constituait un réel danger puisqu’en vertu des ordonnances allemandes tout Belge qui cachait un aviateur allié risquait la peine de mort", commente René Laurent, conservateur du Musée de Waterloo.


Albert Guérisse alias Pat O’Leary (1911- 1989), médecin militaire. Après la campagne des dix-huit jours, il parvient à gagner l’Angleterre via Dunkerque. Ayant reçu une formation d’agent du Service secret de la marine britannique, il est envoyé dans le sud de la France sous le nom de Pat O’Leary. Dès octobre 1941, il dirigera un important réseau d’évasion de militaires alliés en France. Il sera arrêté le 2 mars 1943.
 
Plus de 450 hommes dont une majorité d’aviateurs seront ainsi rapatriés en Angleterre. Il survivra aux camps de concentration de Mauthausen, de Natzweiler en Alsace et de Dachau.

Il sera démobilisé de la Royal Navy en novembre 1946 et rejoindra son régiment du 1er Lanciers à Spa le mois suivant comme capitaine-médecin. Il sera pendant dix-huit mois le médecin du corps expéditionnaire belge pendant la Guerre de Corée (1950-1955), puis sera affecté aux troupes belges casernées en Allemagne.

Il terminera sa carrière militaire avec le grade de général-major. Il décèdera à Waterloo en 1989. Titulaire de nombreuses décorations dont la George Cross, officier de la Légion d’Honneur, il sera anobli par la Reine d’Angleterre et le Roi des Belges. Il est le Belge le plus décoré de la Deuxième Guerre mondiale.



Le 4 septembre 1944, après la libération de Bruxelles la veille, les Waterlootois pavoisent, prêts à accueillir les Alliés. Hélas des chars allemands, venant du carrefour de Mont-Saint-Pont, sèmeront la mort. Des résistants vont se rendre à Bruxelles pour demander de l’aide au régiment des Irish Guards.

Trois chars Sherman et quelques véhicules entrent dans Waterloo et sont accueillis par la foule des habitants. Ils se rendent sur la chaussée Bara pour affronter les Allemands. Le premier char Sherman est détruit et constatant la force de la colonne ennemie, les Britanniques doivent se replier.
 
Parvenus à Joli-Bois, trompés par un mauvais fléchage, des chars allemands vont se diriger vers le centre au lieu de Mont-Saint-Jean, pour rejoindre la chaussée de Louvain.


Un blindé, à court d’essence, est abandonné au Petit-Paris, d’autres poursuivent leur chemin. Arrivés à hauteur de l’avenue Léopold III, quatre gendarmes (Émile Berland, Joseph De Cooman, Jean-Mathias Hemmer et Octave Hubert) et deux résistants (Alphonse Berland et Marcel Lebrun), venus arrêter un couple de collaborateurs, seront abattus. Il n’y eut plus de réjouissances à Waterloo. Leurs funérailles auront lieu le 8 septembre.
 
 
Quatre bunkers, construits par l’armée belge avant 1940 pour enrayer l’avance des Allemands, subsistent encore sur le territoire de Waterloo.
 


Cette exposition est organisée au Musée communal (1er étage du Tourisme de Waterloo, 218 chaussée de Bruxelles) du 5 septembre 2019 au 10 mai 2020, accès gratuit, ouvert tous les jours de 10 à 16h. Elle a pu être réalisée grâce aux documents fournis par les descendants de Josée Van Durme, MM. Gregory et Guy Delbrouck, Patrick Guérisse, fils d’Albert Guérisse, la Société d’Histoire de Waterloo, le Musée communal, l’Échevinat de la Culture et le Musée Wellington.
 


Des visites guidées gratuites pourront être organisées pour des groupes de dix à vingt personnes (René Laurent, tél : 02 358 34 31 – mail : betty.rene.laurent@hotmail.be ).
 

EXPOSITION « RÉSISTANCE ET LIBÉRATION DE WATERLOO LE 4 SEPTEMBRE 1944 »
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