“Chance”, c’est avant tout une rencontre. Celle de trois femmes, trois artistes, trois trajectoires qui se croisent pour raconter le quotidien, les luttes, mais aussi les joies qui ponctuent l’existence des familles touchées par le handicap.
À travers une écriture incarnée, drôle, parfois irrévérencieuse mais toujours juste, la pièce se déploie comme une invitation à regarder autrement, à questionner profondément notre société et à imaginer un monde où la différence n’appelle plus l’exclusion, mais inspire une autre manière de vivre ensemble.
Trois femmes, trois voix pour dire la complexité du réel
Au cœur du spectacle, trois interprètes forment un trio puissant et complémentaire.
Céline, d’abord, est la mère d’un petit garçon en situation de “handicap intellectuel”.
Elle ne se contente pas d’évoquer cette réalité : elle l’habite avec fierté, humour et une tendresse qui bouleverse.
La maternité qu’elle raconte n’est pas un récit de manque ou de difficulté, mais celui d’une chance, au sens propre du terme : la chance d’aimer autrement, de comprendre autrement, de grandir autrement.
À ses côtés se tient Tania, musicienne, qui partage la même singularité génétique que l’enfant de Céline.
Sa présence apporte un regard intérieur, une parole qu’on n’entend que trop rarement : celle de celles et ceux qui portent eux-mêmes le handicap et en deviennent les premiers témoins.
Sa musique live, subtile et vibrante, tisse une seconde narration qui prolonge et amplifie les mots.
Enfin, Eva, passionnée de théâtre, vient compléter ce duo par un ancrage artistique fort.
Elle transcende les frontières habituelles entre jeu et témoignage, incarnant tour à tour complicité, énergie, humour et émotion. Ensemble, les trois femmes composent un récit polyphonique d’une rare intensité.
Un regard joyeux, irrévérencieux et profondément politique
Ce qui frappe dans Chance, c’est sa capacité à aborder des questions complexes avec une joie résiliente. Loin de sombrer dans un discours plaintif ou misérabiliste, le spectacle fait de l’humour une arme, un refuge, mais surtout un outil pédagogique.
À travers des situations du quotidien, parfois cocasses, parfois absurdes, les interprètes dévoilent comment la société fabrique ses propres obstacles, souvent sans s’en rendre compte.
La pièce nous emmène dans un “monde parallèle”, un espace imaginé par ces femmes, où malgré les difficultés administratives, les regards lourds, les exclusions subtiles ou brutales, l’on peut encore rire, danser, créer et espérer.
Ce monde parallèle n’est pas un refuge fantasmatique : il est présenté comme une alternative possible, un laboratoire d’humanité.
Pourtant, la pièce n’élude rien. Lorsque la violence de l’exclusion les rattrape, les protagonistes le disent avec une franchise désarmante.
Elles expriment des colères légitimes, des fatigues compréhensibles, des révoltes profondes.
Mais elles tiennent le cap, soutenues par leur amitié, leur art, leur lucidité. Et au bout du récit, une utopie se dessine : et si un monde qui n’excluait pas était réellement possible ?
Une création rigoureuse, documentée et engagée
À la mise en scène, Céline Beigbeder déploie son approche singulière, faite de précision, de documentation rigoureuse et de sensibilité.
On lui connaît des projets aux fables étonnantes, ancrés dans des réalités sociales fortes, capables de dialoguer avec le public tout en l’interpellant en profondeur.
Avec Chance, elle poursuit cette démarche en ancrant son récit dans une vérité vécue, palpable, incarnée.
On lui connaît des projets aux fables étonnantes, ancrés dans des réalités sociales fortes, capables de dialoguer avec le public tout en l’interpellant en profondeur.
Avec Chance, elle poursuit cette démarche en ancrant son récit dans une vérité vécue, palpable, incarnée.
La pièce bénéficie également d’un soutien de poids : celui de la Commission Consultative Communale de la Personne en Situation de Handicap (CCCPSH) de Waterloo, un partenaire institutionnel dont l’engagement témoigne de l’importance des enjeux abordés.
La création est également portée par une constellation de collaborations artistiques. Parmi celles-ci :
- Tania Roos, au cœur de la musique live
- Eva Zingaro-Meyer, interprète engagée
- Alexandra Sebbag, qui a travaillé sur la scénographie et les costumes
- Nelly Framinet, créatrice lumières, épaulée par Selim Bettahi
- Paolo De La Croix, pour la composition musicale
- Marie Delaye et Julie Michaud, qui ont collaboré au théâtre d’ombres
- Julie Nathan, à l’aide à la mise en scène et à la dramaturgie
La construction du décor et de certains dispositifs techniques a été assurée par Le Vilar et le Service des arts de la scène de la Province du Hainaut.
Une coproduction ambitieuse et profondément ancrée dans le territoire
Chance est une création de la Compagnie Néandertal, mais aussi un véritable travail collectif grâce à une coproduction réunissant plusieurs institutions majeures : Le Vilar, le Théâtre Varia, Mars-Mons Arts de la Scène, MCFA et DC&J Création.
Cette synergie entre structures théâtrales, centres culturels et institutions artistiques confère au spectacle une ampleur particulière. Elle inscrit l’œuvre dans un réseau dynamique, à la croisée des réflexions sur l’inclusion, l’art engagé et la création contemporaine.
Le choix du Centre culturel de Waterloo comme lieu de représentation n’est pas anodin : la commune est active sur les questions liées au handicap, et le soutien de la CCCPSH souligne l’importance de rendre visible cette thématique dans l’espace public.
Chance s’intègre ainsi dans une démarche plus large, celle d’ouvrir les espaces culturels à toutes et tous, et de créer un dialogue entre les citoyens, les artistes et les institutions.
Quand le théâtre devient un espace d’inclusion
Le spectacle interroge en profondeur la manière dont la société perçoit la différence.
L’art devient ici un espace de résistance, un outil pour décaler les regards, pour nourrir la réflexion mais aussi pour célébrer la richesse de toutes les trajectoires humaines.
Le théâtre d’ombres, la musique live, les mots, les gestes, la scénographie minimaliste mais expressive : tout concourt à faire de Chance un spectacle immersif, où le public est invité non seulement à regarder, mais à ressentir, à réfléchir, à s’impliquer.
Une invitation à repenser le monde
Avec humour, poésie et courage, Chance pose une question essentielle :
Et si l’exclusion n’était pas une fatalité, mais un choix collectif que l’on peut déconstruire ?
Les trois femmes, avec leur force et leur vulnérabilité, montrent que la différence n’est pas un frein, mais un enrichissement.
Elles prouvent que le handicap n’est pas une limite à l’expression, à l’art, à la joie ou à la dignité.
Le spectacle devient alors un appel vibrant à repenser nos normes, nos comportements, nos structures. Il rappelle que le regard que nous portons sur l’autre peut devenir un geste de violence… ou un geste d’ouverture.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre site web partenaire :
https://www.centre-culturel-waterloo.be/component/jevents/detailevenement/2816/-/chance
https://www.centre-culturel-waterloo.be/component/jevents/detailevenement/2816/-/chance
Adresse : rue François Libert, 26, Waterloo, Belgium
Téléphone : +32 2 354 47 66
Email : infos@centre-culturel-waterloo.be


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