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La communication sexuelle


Si pour certains parler de sexualité, de ses plaisirs et de ses envies est quelque chose de facile, pour d’autres cela peut être compliqué.

Pourquoi est-ce si difficile de dire les choses dans un couple ? Comment le dire à l’autre ?

Comment ouvrir la porte de la communication sexuelle dans un couple ?



  La communication sexuelle qu’est-ce que c’est ?


C’est la manière dont on va parler dans le couple de sa sexualité, la manière dont on va échanger sur le sujet.

Quelque fois, il y en a, quelque fois, il n’y en a pas beaucoup et quelque fois, il n’y en a pas du tout ! Dans ce cas, on reste avec ses pensées, avec son intériorité et il n’y a pas de communication. Il y en a bien une physique mais pas dans la parole.



Parler de sexualité, ça sert à quoi ?


Une idée reçue, c’est que la sexualité, on la fait et on n’a pas besoin d’en parler ! Et bien justement, bien sûr et heureusement, on le fait et on peut le faire sans en parler (sinon les animaux ne pourraient pas le faire par exemple) …

Parler de sexualité c’est important parce que souvent, dans un couple, quand on est 2 et qu’on s’aime, on se dit « puisqu’on s’aime, on devrait se comprendre sans se parler » or, c’est totalement faux ! 

On ne se comprend pas du tout sans se parler. Souvent, quand on ne se parle pas, on croit que l’autre a les mêmes envies et désirs que nous, ce qui est toujours faux puisque l’autre est différent. Si le couple ne se parle pas, il ne va pas réussir à se rapprocher à ce niveau-là. Certains vont se contenter de dire que c’était bien et j’ai envie de dire que c’est déjà pas mal. 


Prendre le temps d’échanger après une relation sexuelle peut être un chouette rituel que l’on peut intégrer dans son quotidien pour créer plus d’intimité et de plaisirs dans vos partages. 


On peut, par exemple, initier la conversation en expliquant de ce qu’on a vraiment aimé, ressenti à un moment particulier « A ce moment-là, quand tu m’as caressé comme ça et que tu me regardais, j’ai vraiment senti qu’on était ensemble » ou bien encore « Quand on fait cette position-là, j’adore ta manière de me regarder ».


L’inverse est également valable, dire ce qu’on n’aime pas vraiment est également important. Je dirais qu’il s’agit d’être prudent quant à la manière de communiquer pour ne pas vexer.


Dans le cadre de ma pratique, j’entends parfois des personnes qui ont été réellement traumatisées par les retours que certain de leur partenaire leur ont fait. Cela peut prendre des proportions importantes et faire développer des comportements évitants. 
 
J’ai par exemple déjà reçu des personnes qui m’ont rapporté qu’on leur avait avait dit « Ecoute, t’es vraiment nul(le) au lit ! » et lorsqu’elles demandaient ce qu’elles demandaient ce qu’elles devaient faire, leur partenaire leur répondait « Je ne devrais pas avoir besoin de te le dire, tu devrais savoir ce qu’il ne va pas, tu devrais savoir ce qu’il faut faire ».
A mon sens, cela ne va pas. Dans ce genre de situation, c’est la catastrophe. On se retrouve là face à des personnes qui ne veulent pas communiquer et il y a certainement ce qu’on appelle des bénéfices secondaires c’est-à-dire un intérêt à lui dire « Tu es nul(le) » car cela lui permet de dominer.


LA communication sexuelle n’est plus ni moins qu’une communication entre personnes. Il y a des coptes qui se règlent à travers la sexualité (et il peut y avoir des arrières-pensées, des non-dits, des choses inconscientes). 
 

 
Pourquoi est-ce si difficile de dire ce qu’on ressent en matière de sexualité ? 


C’est encore plus difficile que de communiquer de manière générale parce qu’on n’a pas de modèle. 
Nous n’avons pas entendu parler nos parents parler de leur sexualité (et heureusement). 


Ce n’est pas facile !  Si on est dans une famille qui communique beaucoup sur les sentiments et les émotions, dans laquelle les parents expriment qu’ils sont tristes ou qu’ils sont inquiets, qu’ils sont contents, on apprend à communiquer sur ses sentiments et ses émotions, et dans ce cas-là, on va pouvoir communiquer plus facilement en matière de sexualité.


Si, par contre, on est dans une famille dans laquelle on ne parler que de choses factuelles, on ne sera pas du tout habitué à parler de ses sentiments et de ses émotions et se retrouver complètement démunis en matière de communication émotionnelle et sexuelle.




Alors, comment on s’y prend pour communiquer ce qu’on ressent en matière de sexualité ?
 
  1. Ne jamais dire de chose négative à l’autre. Il vaut mieux dire quelque chose du type « Moi, aujourd’hui, j’ai vraiment trouvé que tu étais très doux »
  2. Savoir exprimer ce qui désagréable pour vous, c’est-à-dire : quand vous êtes en plein rapport sexuel, dire « Ecoute, là, je ne suis pas bien. Tu m’écrases le genou » ou « Ça me fait un petit peu mal ». Pourquoi c’est important de verbaliser son inconfort ? Parce que vous communiquez à l’autre que vous prenez soin de vous. Si vous avez un petit souci, vous allez le dire et cela met l’autre à l’aise, il peut s’occuper de lui, de son plaisir sans se demander s’il fait bien, s’il ne fait pas mal etc. parce qu’il sait que vous allez communiquer !
  3. Quand communiquer ? Pendant c’est bien !  En guidant, en informant ce qu’on aime « Oui », « Là », « Comme ça », « Encore » en participant par des mouvements du corps. Et si c’est désagréable, de demander par exemple de changer de position, en restant dans une dynamique constructive (et ne pas aller dans des mots durs, des comparaisons ou en remettant des compétences en question).


Parler après le rapport sexuel, verbaliser « j’ai aimé quand on était dans cette position-là ». Il est important d’être sensible à la manière dont on fait passer les messages.


Créer une intimité à travers le regard, communiquer par lui, surtout vous voulez faire passer un message. 


Il ne faut pas hésiter à demander à l’autre ce qu’il a aimé et ressenti pendant la relation sexuelle, s’il/elle a envie d’essayer de nouvelles positions.



 

Brabant wallon | rubrique Sexo | Marie-Eve Gremmens
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